Les fêtes de Pâques et de la Pentecôte nous viennent tout droit des fêtes juives, bien qu’ayant acquis avec le christianisme un sens nouveau.

La fête des Rameaux, pour sa part, trouve son origine lointaine dans la fête des Tabernacles (dite aussi fête des Tentes). C’était à l’origine une fête de la moisson qui avait lieu en septembre. Mais depuis l’époque royale, elle a pris dans le judaïsme un caractère messianique. Dans la liturgie post exilienne de cette fête, on chantait le Psaume 117 lors d’une procession où le peuple faisait le tour de l’autel, des palmes à la main. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, chantait-on, criant ensuite Hosanna : Ô Seigneur, sauve-moi ! Les festivités des Tabernacles étaient pour les Juifs, nous enseigne Daniélou, comme une préfiguration des joies matérielles dans le royaume messianique. Et le peuple a reconnu en Jésus le descendant de David, le vrai roi d’Israël : Voici que ton roi vient à toi, il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse (Za 9,9).

Cependant, cette fête est de courte durée : lors de la messe, on lit déjà le récit de la Passion, parce que nous ne sommes encore que dans une préfiguration, et il faut passer de la prophétie à sa réalisation véritable. Celle-ci consiste dans le sacrifice de Jésus, le nouvel agneau pascal, qui se livre de lui-même pour le salut du monde et l’avènement du royaume des Cieux. Le roi véritable, c’est celui qui est au service de tous. Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Chez vous, il ne doit pas en être ainsi : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous sera votre serviteur […] Le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude (Mt 20,25-27).

Fêtons notre roi et, surtout, imitons-le, en donnant nous aussi notre vie les uns pour les autres : c’est cela, être grand dans le royaume des Cie 

Abbé Fabrice Chatelain
Revue Parole et Prière