Le roi David constate que ses ennemis n’ont pas prévalu contre lui, ce qui lui permet de considérer Dieu comme sa lumière, son salut et le rempart de sa vie. Ce que cette prière n’est pas, en revanche, c’est une sorte d’invocation à Dieu pour obtenir de lui une protection magique.

Dans la bataille contre les Philistins, par exemple, Israël comptait sur l’Arche d’Alliance pour vaincre ses ennemis, mais ça n’a pas fonctionné. Pire encore, ça a été l’une de ses plus cuisantes défaites, et l’Arche elle-même a été volée par ses ennemis (1S 4,1-11). Le salut donné par Dieu serait-il donc à géométrie variable ? Parfois il nous sauve, et quand ça ne lui dit rien, il nous laisse à notre propre sort ? Ah, mais Dieu n’est jamais loin de nous. En revanche, nous sommes parfaitement capables de nous éloigner de lui, auquel cas il ne peut pas nous aider. La relation avec Dieu n’est pas une relation magique. Il ne s’agit pas juste de porter une croix en pendentif ou de dire « la prière qui marche ». Dieu n’est pas un distributeur de miracles, ni une assurance tous risques contre les difficultés de la vie.

Ce qu’il nous propose, c’est son amitié. Mais l’amitié, ce n’est pas seulement quand on en a besoin : ça, cela s’appelle de l’opportunisme. L’amitié, c’est quand ça va bien et quand ça va mal ; quand on a envie et quand on n’a pas envie ; quand ça nous arrange et quand ça nous dérange. Si vraiment nous voulons que Dieu soit notre lumière et notre salut, alors il ne faut pas qu’il le soit uniquement quand nous sommes dans les problèmes. N’aller à l’église que quand il nous arrive des catastrophes pour y brûler un cierge, c’est bien loin de ce que Dieu nous propose.

Laissons-nous guider par son exemple et ses enseignements. Recherchons sa présence en tout temps.
Soyons tout à lui, et il sera tout pour nous.

Abbé Fabrice Chatelain
Revue Parole et Prière